Deux vitrines pour une vie entière
Ivry-sur-Seine, vendredi 28 août 2026. Il y a des instants où la philosophie ne se trouve pas dans les livres. Elle nous attend au coin d’une rue. Elle se cache dans une scène ordinaire, entre le bruit d’un moteur, les gestes fatigués des ouvriers, les déchets d’un marché qui se termine et les vitrines silencieuses de deux commerces. Ce vendredi matin, à Ivry-sur-Seine, j’étais arrêté derrière un camion-benne. Le marché venait de finir. Les marchands ambulants avaient quitté la place, laissant derrière eux les traces habituelles d’une journée de commerce : des cartons, des emballages, des fruits oubliés, des papiers emportés par le vent. Le camion remuait les ordures. Des ouvriers nettoyaient la place. Ils effaçaient, avec leurs outils et leurs gestes répétés, les dernières traces d’une…